Aldous huxley, né le
26 juillet 1894,
Avant-gardiste incontournable du meilleur de nous-même,
à découvrir ou à redécouvrir.
Ecrit "le Meilleur des Mondes" en 1931 en 4 mois.
Bien avant la seconde guerre mondiale et le totalitarisme des dictatures Hitlérienne ou Stalinienne
Le
"Retour_au_meilleur_des_mondes" est à lire ici.
Extrait Préface du "Meilleur des Mondes" , 1946 :
Le remord chronique, tous les moralistes sont d'accord sur ce point, est un sentiment fort indésirable. Si vous vous êtes mal conduit, repentez-vous, redressez vos torts dans la mesure du possible, et mettez-vous à l'œuvre pour vous mieux conduire la prochaine fois. Sous aucun prétexte, ne vous abandonnez à la méditation mélancolique sur vos méfaits. Se rouler dans la fange n'est point la meilleure manière de se nettoyer.
L'art, lui aussi, a sa morale, et un grand nombre de règles de cette morale sont identiques, ou au moins analogues, aux règles de l'éthique ordinaire. Le remord, par exemple, est aussi indésirable en ce qui concerne notre mauvaise conduite qu'en ce qui concerne notre mauvais art.
Ce qu'il y a de mauvais doit être traqué, reconnu et, si possible, évité à l'avenir. Méditer longuement sur les faiblesses littéraires d'il y a vingt ans, tenter de rapetasser une œuvre défectueuse pour lui donner une perfection qu'elle a manqué lors de son exécution primitive, passer son age mûr à essayer de réparer le péchés artistiques commis et légués par cette personne différente qui était soi-même dans sa jeunesse - tout cela, assurément, est vain et futile. Et voilà pourquoi ce nouveau
Meilleur des Mondes est le même que l'ancien. Ses défaut, en tant qu'œuvre d'art, sont considérables; mais pour les redresser, il m'eût fallu récrire le livre - et, au cours de ce travail de rédaction nouvelle auquel je me serais livré en qualité de personne plus agée, et différente, je me déferais probablement non seulement de quelques-uns des défauts du récits, mais aussi des quelques mérites qu'il a pu posséder à l'origine. C'est pourquoi, résistant à la tentation de me vautrer dans le remord artistique, je préfère me dire que le mieux est l'ennemi du bien, comme le pire est celui du mal, et penser autre chose.
[à suivre...]